Architecture : Federico Mannella s’approprie l’espace

Architecture : Federico Mannella s’approprie l’espace

//Interview illustrée

À son arrivée en France en février 2005, Federico Mannella était déçu : “Impatient de découvrir Paris, je m’attendais à ressentir une forte émotion. Cela n’a pas été le cas”. Au fil des ans, par étapes – des “strates sensorielles” – l’architecte italien de 37 ans s’est approprié la capitale, notamment par le biais de son appareil-photo. C’est par ce medium, que Federico traduit sa sensibilité, sa perception et son attachement à sa ville d’adoption.

Vue de la chambre

Vue de ma chambre, 2006
« C’est une composition de photographies prises de la fenêtre de ma première chambre, lorsque je vivais en colocation à Stalingrad (10e). Mon seul espace privé était cette pièce de 15 m2. La vue sur cour est un prolongement de cette intimité, l’espace extérieur devient aussi ton espace personnel, ton repère. On sent qu’on est à Paris : le pignon en briques, les cheminées, le zinc. En renversant les photos du haut, je définis un contour et traduit mon besoin de recadrer l’extérieur. De me l’approprier ».

Inclinaison

Inclinaison, 2007
« Ces photos ont été prises dans une cour du quartier Saint-Paul (3e), un jour de balade à pied, à la découverte de la ville. C’est un travail abstrait : comment un simple mur en enduit peut devenir un sujet d’analyse de la matière. Il y a bien sûr aussi un travail sur la géométrie. L’objet architectural devient un objet plastique. »

Intervalles

Intervalles Urbains, 2008
« On est face à deux espaces vides au cœur de la ville. La photo du bas est une friche à Stalingrad, un espace vide en attente, en devenir. L’image du haut, prise dans le hall de la Gare du Nord, est un espace déjà construit, même si on ne se sait pas où l’on est. C’est la présence humaine qui détermine l’espace. Les deux photos s’opposent presque. Les juxtaposer permet de créer un nouvel espace, celui du mental. »

Parcours

Parcours, 2009
« Les photos qui composent l’ensemble du visuel sont prises du haut de la tour Eiffel. Le sujet : comment l’être humain s’approprie l’espace. C’est un travail pragmatique : un cliché toutes les 10 secondes. Les rassembler me permet de fixer le mouvement, l’attente, le passage, des thèmes qui me sont chers. A l’intérieur du cadrage, la variable humaine tisse un réseau de flux. »

bio express
Originaire de Toscane, Federico Mannella vit à Paris depuis 2005. Venu en France pour sa dernière année de thèse à l’école d’architecture de la Villette, il est très vite embauché par l’agence Architecture Studio où il restera cinq ans. Aujourd’hui, il travaille en indépendant, associé à de nombreux projets comme le futur centre universitaire de Pontoise (95).

 

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