Sketck : La belle indifférente

Sketck : La belle indifférente

//Croquis

Allure altière, chevelure longue et bouclée, seins et derrière haut-perchés, elle avance tranquillement. L’œil fixe, elle ignore les gestes de mes deux voisines qui s’escriment à attirer son attention.

Elle revient du bar, un cocktail à la main, insensible à l’animation de la terrasse. Elle se dirige vers une table, tend le verre à un beau quadra, se penche pour l’embrasser. Les deux femmes fulminent.

L’une d’elle se lance : « C’est possible de boire quelque chose ? ».

L’homme se retourne, sourit, regarde la serveuse : « Vas t’en occuper, bébé. »

« Pffff, c’est toi le boss ! »

Alors, elle se déplace : « Qu’est-ce que vous prenez ? »

« Deux mojitos, s’il vous plaît. »

« Ha non, y en a plus. »

 » Ha bon ? Et ça, qu’est ce que c’est ?  » demande l’une, désignant le patron.

« C’était le dernier, y a plus de menthe. Vous prenez quoi ? »

Mes deux voisines se contententeront d’une bière et d’un kir-pêche. Sans cacahuètes. Le temps de consommer, leurs discussions se limiteront à l’impolitesse de la demoiselle et au manque de courtoisie dans les cafés parisiens. « Aux States, ils sont vachement plus ouverts ».

Au moment de partir et après avoir réglé, l’une d’elles chuchotte à l’oreille de son acolyte et ressort son porte-monnaie. Elle laisse un pourboire : un centime. Sans un aurevoir ni un dernier regard, les deux femmes s’éloignent, bras dessus-dessous, fières de leur coup.

La serveuse vient débarasser la table, voit la pièce, la contemple et éclate d’un rire glacé.

 

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